Les partenaires sociaux veulent rester dans la gouvernance

« Oui à l’équité et à la lisibilité du système des retraites » : les partenaires sociaux ont été unanimes sur ces points lors du colloque sur la réforme des retraites qui s’est tenu au Sénat le 21 mars 2019. Sur la nécessité d’une réforme systémique en revanche, les avis divergent. La FNSEA, la CFTC, la CFDT se disent favorables au basculement vers un régime universel, avec certaines revendications toutefois. Le Medef, de son côté, se dit prêt à accompagner le choix du gouvernement d’engager cette réforme, mais là encore avec des réserves. Les autres centrales syndicales sont beaucoup plus réticentes, voire carrément opposée au changement comme la CGT.
Parmi les motifs d’inquiétude évoqués :
– le devenir et le financement des mécanismes de solidarité pour les plus fragiles (CFE-CGC, CGT, CFDT, CFTC…)
– le risque d’une baisse du niveau des pensions (UNSA, Medef, CGT, CFDT…)
– le traitement des spécificités liées à des catégories professionnelles, et la nécessité de maintenir un deuxième étage de retraite dans le nouveau système (CPME, Medef…)
– l’utilisation et la mutualisation des réserves financières constituées au fil des années par les régimes de retraite complémentaire (CPME, CFTC, Medef…)
– l’instauration d’une assiette de cotisations jusqu’à 3 plafonds de la Sécurité sociale, ce qui entraînerait la quasi-disparition des régimes complémentaires (FO, Medef…).
Tous ont fait part de leur désir de ne pas être écartés de la gouvernance du futur régime universel, et à part le Medef qui souhaite un relèvement progressif de l’âge de la retraite à 64 ans et la CGT qui souhaite revenir à l’âge de 60 ans, la majorité des partenaires sociaux se déclare favorable au maintien à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite. Voire plus tôt pour certaines catégories, notamment celles et ceux qui ont eu des métiers pénibles.
Si Jean-Paul Delevoye, le Haut Commissaire à la réforme des retraites, a réaffirmé la nécessité de préserver le pacte social entre les générations, cela ne sera possible qu’en maintenant un niveau de confiance satisfaisant entre tous les acteurs sociaux. Le dialogue engagé depuis plusieurs mois, grâce aux concertations mises en place par le Haut Commissariat, a rempli ce contrat. Mais la ligne rouge pourrait être franchie par le gouvernement lors de l’étape décisive de l’arbitrage. Les souhaits et les inquiétudes des uns et des autres seront-ils entendus ? Nous le saurons lors du dépôt du projet de loi, prévu après les élections européennes, vers fin mai-début juin.

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Journaliste en droit social, aujourd'hui retraitée, je me suis spécialisée sur les sujets de retraite et de protection sociale il y a bientôt 40 ans, lorsque j'ai commencé ma carrière dans un groupe de caisses de retraite complémentaire. J'ai travaillé pour de nombreux magazines institutionnels (revues de la Caisse Nationale d'Assurance vieillesse, des caisses d'allocations familiales...) et grand public (Le Temps Retrouvé, Notre Temps, Pleine Vie, 60 Millions de consommateurs, Dossier Familial...). Avec la réforme des retraites qui s'annonce, on a tous besoin de comprendre les enjeux et les changements. Analyser, informer sur ce thème, c'est le cœur de mon métier.

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