Pour ne pas perdre de droits, traquez les erreurs de carrière

En 2019, au régime de retraite de base des salariés (le régime général ou « Assurance retraite »), un peu plus d’ 1 pension sur 7 a comporté au moins une erreur financière, selon un rapport de la Cour des Comptes. Cela a concerné 15,3% des attributions ou révisions de pension, contre 11,5% en 2016. 2/3 des erreurs se sont faites au détriment des assurés.
Une situation que Renaud Villard, Directeur général de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), a déploré ce jour, lors d’une réunion avec les journalistes de l’information sociale adhérents à l’AJIS*, reconnaissant qu’elle était « inacceptable« . Pour rétablir la confiance avec les assurés et améliorer la fiabilité du calcul des retraites, le DG de la Cnav entend renforcer la qualité du service rendu aux assurés en 2021. Tous les acteurs du régime de l’Assurance retraite sont placés en obligation de résultat.
Parallèlement, un répertoire national en cours de réalisation doit permettre, au plus tard fin 2022, de réunir toutes les informations sur la carrière d’un assuré, pour éviter que des « trous de carrière » subsistent et que des prestations de retraite ne lui soient pas versées. En mai 2021, le régime complémentaire de retraite Agirc-Arrco rejoindra ce référentiel commun. Progressivement, ce sont tous les régimes de retraite en France qui renseigneront cette base de données.
Lorsqu’une erreur, après contrôle, relève d’un droit non accordé à tort par l’Assurance retraite (une retraite anticipée refusée par exemple), elle donne lieu à un versement rétroactif de pension.
Mais certaines erreurs ne sont jamais rectifiées. C’est le cas si un assuré omet, lors de sa demande de retraite, de fournir la preuve d’une période de chômage indemnisée, les bulletins de salaire d’un job d’étudiant… Peut-être a-t-il oublié ces périodes trop lointaines ?
Pour éviter ces ratages, l’Assurance retraite va inciter – dès la fin 2021 – les salariés à dialoguer avec ses services de manière régulière et surtout plus tôt. Plus question d’attendre 60 ans et plus pour faire le dernier bilan sur leur retraite future. Le régime ne fixe pas d’âge minimum pour s’en préoccuper, mais c’est vraisemblablement autour de 40 ans, à mi-carrière, qu’il sera judicieux de prendre contact avec sa Carsat (caisse régionale). L’assuré aura une meilleure visibilité sur la première partie de sa carrière et sera en mesure de vérifier si des périodes (travail salarié, maladie, maternité, chômage…) sont manquantes, et de les faire rectifier.

*AJIS : Association des Journalistes de l’Information Sociale

Tous droits réservés

Journaliste en droit social, aujourd'hui retraitée, je me suis spécialisée sur les sujets de retraite et de protection sociale il y a bientôt 40 ans, lorsque j'ai commencé ma carrière dans un groupe de caisses de retraite complémentaire. J'ai travaillé pour de nombreux magazines institutionnels (revues de la Caisse Nationale d'Assurance vieillesse, des caisses d'allocations familiales...) et grand public (Le Temps Retrouvé, Notre Temps, Pleine Vie, 60 Millions de consommateurs, Dossier Familial...). Avec la réforme des retraites qui s'annonce, on a tous besoin de comprendre les enjeux et les changements. Analyser, informer sur ce thème, c'est le cœur de mon métier.

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